Reprendre une entreprise n’est pas un choix anodin et derrière cette décision, il y a souvent des mois ou même parfois, des années de réflexion. Et surtout une part d’inconnu qu’il faut savoir accepter car cela reste même une des décisions les plus engageantes d’une vie professionnelle. Dans un contexte où les incertitudes économiques sont bien réelles : inflation, coût du crédit, instabilité géopolitique… l’accompagnement par un expert-comptable n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Franck Hugonnot, Directeur Associé chez Sadec Akelys Lille, accompagne régulièrement des repreneurs et connait bien les zones de vigilance d’une telle démarche.
L’analyse de la cible : savoir regarder au-delà des chiffres
La première mission de l’expert-comptable aux côtés d’un repreneur est d’analyser lucidement l’entreprise cible : « on commence toujours par les comptes… mais on ne s’arrête jamais là ». En effet, une analyse fiscale est une chose mais comprendre ce qu’il y a derrière, en est une autre. Rentabilité réelle, dépendance au marché, solidité du modèle… autant d’élément que seul un œil expert peut déceler.
Trois indicateurs sont absolument incontournables avant de se positionner : la rentabilité, le cash-flow et la capacité à rembourser la dette liée à la reprise. « Rien ne sert de s’engager dans une reprise a priori difficilement remboursable », tranche-t-il. Un sujet revient d’ailleurs très souvent : la surévaluation. Entre l’attachement du cédant à son entreprise et l’enthousiasme du repreneur, le prix peut rapidement s’éloigner de la réalité économique.
Structurer le montage pour trouver le bon équilibre
Une fois l’entreprise choisie, tout reste encore à construire. Les reprises passent souvent par la création d’une holding de rachat, permettant d’optimiser à la fois le financement et la fiscalité de l’opération : mais tous ces aspects juridiques et financiers sont extrêmement complexes d’où l’importance d’être bien accompagné par l’expert-comptable qui connaît bien tous ses rouages. Ici, son rôle sera central dans les discussions avec les banques et les partenaires financiers. « L’expert-comptable sert souvent de garantie. Les banquiers sont rassurés par son accompagnement », confirme Franck Hugonnot. Sa présence dans le dossier de financement est un atout considérable dans un contexte où les banques examinent les projets avec une vigilance accrue.
Après la reprise : un partenaire de chaque jour
L’accompagnement de l’expert-comptable ne s’arrête pas à la signature. Il se prolonge dans la durée, avec un suivi de la comptabilité et de la fiscalité, mais aussi et surtout dans les premiers temps avec la mise en place de tableaux de bord adaptés au pilotage de l’activité. Une fois en place, le repreneur découvre son entreprise “de l’intérieur”. Et il y a presque toujours des écarts entre ce qui avait été anticipé… et la réalité, d’où l’importance d’un accompagnement en amont et en aval.
C’est quoi une reprise réussie ? Pour Franck Hugonnot « c’est une reprise qui donne envie d’en faire d’autres. » Car s’il n’existe pas de portrait-type du repreneur (Franck Hugonnot a croisé et accompagné toutes sortes de profils : des salariés de grands groupes aux entrepreneurs en série en passant par les héritiers familiaux), une constante demeure : « La patience, la relation cédant-repreneur, le courage et le soutien familial sont les véritables piliers d’une opération réussie ». L’expert-comptable, lui, est là pour que tout le reste soit en ordre.

