Le vote de confiance du Premier ministre sur la question du déficit public et de l’effort budgétaire de 44 milliards du gouvernement risque de déstabiliser un peu plus le marché de l’emploi déjà sous tension depuis des mois. Incertitudes politiques, instabilité ministérielle ne font pas bon ménage avec des perspectives d’emploi favorables. Fed Group fait le point sur le marché du recrutement en France et les perspectives à fin 2025.
Les entreprises reprennent la main avec fermeté !
Après plusieurs années où les candidats fixaient les règles sur le marché des cadres, 2024 a marqué un tournant.
En 2025, la tendance se confirme : le rapport de force s’inverse et les entreprises imposent désormais leurs conditions aux candidats en recherche d’un poste.
Le marché du recrutement reste atone après un premier semestre déjà mou. Si certains secteurs conservent une forte demande, comme l’industrie, l’agroalimentaire et l’énergie, d’autres accusent nettement le coup, comme les services, l’IT ou la communication.
La dynamique du marché est plus favorable aux missions temporaires (intérim, CDD, management de transition) qu’aux CDI, qui peinent à décoller.
« Rien d’anormal à constater ce manque de dynamisme car l’instabilité politique qui s’est installée et le ralentissement économique sous-jacent nourrissent l’attentisme des entreprises, freinant durablement les investissements et donc les embauches. » explique Alexandre TAMAGNAUD, fondateur de Fed Group.
Les secteurs et métiers porteurs
- Industrie et agroalimentaire : toujours dynamiques, avec une forte demande pour les techniciens de maintenance, ingénieurs et conducteurs de travaux.
- Logistique et supply chain : moteurs dans plusieurs régions, notamment dans les Hauts-de-France et en PACA.
- Énergie et défense : stimulent le marché juridique et fiscal, avec une demande soutenue pour les juristes spécialisés (fiscalité internationale, fusions-acquisitions, compliance).
- Finance & comptabilité (Île-de-France) : reprise au 2ᵉ semestre avec des besoins en comptables généraux, contrôleurs de gestion confirmés et RAF, renforcés par les enjeux ESG et la digitalisation.
- Commerciaux : profils incontournables pour générer de nouveaux clients dans un contexte de ralentissement économique.
Des tendances régionales contrastées
En Île-de-France, dans les métiers de la supply chain, le recours à l’intérim domine et les recrutements sont rapides pour les cadres débutants et les CDI stratégiques. Les secteurs de l’industrie et la distribution se portent bien et il existe de belles opportunités au-delà du périphérique. Les métiers de l’ingénierie et de l’IT restent sous tension, en particulier dans la maintenance, le développement, le cloud et la cybersécurité, mais la fin d’année devrait être plus fluide. Les profils financiers et juridiques, tels que les comptables, les contrôleurs de gestion, les juristes fiscalistes et compliance, continuent d’être très recherchés, avec un recours croissant aux CDD et missions d’intérim. Enfin, les profils commerciaux sont très recherchés tandis que ceux du marketing et de la communication subissent le contexte économique de plein fouet. Dans les RH, les métiers de la paie et du droit social sont stables. Les recrutements en développement RH sont eux au ralenti.
Dans les Hauts-de-France, le début de l’année a été moins actif que prévu, avec des processus de recrutement longs et des prises de décision retardées. L’industrie et la logistique continuent toutefois de montrer une certaine vigueur, et la fin du premier semestre a vu une augmentation des ouvertures de postes, notamment dans la distribution.
En région Ouest (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Nouvelle-Aquitaine), le premier semestre a été marqué par un contexte tendu : peu des postes à pourvoir, des processus de recrutement particulièrement longs et l’internalisation de certains postes par les entreprises.
Depuis juin, on observe une nette reprise dans l’agroalimentaire, la santé et l’électronique. L’intérim représente désormais près de 40 % des recrutements.
En Occitanie, le marché reste atone faute de mobilité des collaborateurs notamment dans les métiers tertiaires (RH, Finance). Le secteur industriel conserve sa vitalité, surtout dans les métiers pénuriques comme les techniciens de maintenance.
En Auvergne-Rhône-Alpes, les recrutements progressent lentement. L’industrie, l’ingénierie et la construction restent les moteurs de la région, avec une forte demande sur les techniciens de maintenance, ingénieurs et conducteurs de travaux. La supply chain conserve une bonne dynamique, tandis que l’IT offre moins de postes qu’auparavant.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le marché se maintient grâce aux secteurs agroalimentaire, logistique et tertiaire, avec une préférence pour les contrats courts pour gérer la saisonnalité et les difficultés de recrutement. Les postes les plus recherchés sont les commerciaux chasseurs, les fonctions support polyvalentes et les profils finance et supply.

